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Apprendre l'autohypnose

Dernière mise à jour : 30 janv. 2021

L’autohypnose permet de vous prendre en charge pour résoudre certaines problématiques ou alors simplement pour amplifier certains états très bénéfique pour vous-même.

Pratiquer l’autohypnose c’est :

- l’autonomie dans le présent : le niveau d’amélioration pour certaines pathologies est lié à l’intensité de la pratique quotidienne.

- la sécurité à long terme : Vous sentir capable de faire face à de nouvelles difficultés éventuelles dans l’avenir par la maitrise de l’autohypnose.

Ces exercices ont été publiés à titre gratuit par Kevin Finel et Jonathan Bel Legroux deux grandes personnalités de l’Hypnose.

Les outils sélectionnés sont simples, conviennent à tous et permettent de comprendre rapidement les bases de l’application de l’auto-hypnose.

Leur maitrise passe par un entrainement.


Exercice 1 : Auto-hypnose par utilisation d’un souvenir.

But : Vous allez dans cet exercice vous créer un état modifié de conscience en vous laissant absorber par un souvenir. Ce processus va vous couper progressivement du présent et créer un état de profonde introspection.

1 : Choisissez un souvenir.

Un souvenir idéal pour effectuer cet exercice est :

· Positif : il sera bien plus facile et confortable de revenir dans un bon moment que dans un souvenir désagréable.

· Hypnotique/intense : plus un souvenir contient de l’intensité, de l’émotion, plus il vous sera facile d’y replonger. L’émotion est un moteur pour le cerveau. Un souvenir neutre vous demandera trop de concentration et donc trop de mental. Dans cet exercice, vous cherchez au contraire un haut degré de lâcher-prise. Certains souvenirs contiennent même une composante hypnotique : un état de forte absorbions, ou un état de grâce comme ceux mentionnés plus haut sont parfaits pour cet exercice!

2 : Description du souvenir.

Une fois ce souvenir choisi, vous allez vous le décrire mentalement. Cela prend 1 ou 2 minutes à peine. Cette description doit contenir des informations de vos différents sens :

· Ce que vous voyez dans le souvenir (décors, luminosité, espace…)

· Ce que vous entendez (pensées internes, voix, sons…)

· Ce que vous ressentez (odeur, ambiance, sensations physiques, émotions…)

3 : Entrez dans le souvenir.

Fermez maintenant les yeux et installez-vous confortablement. Par la suite, vous pourrez faire cet exercice les yeux ouverts et en mouvement, mais cela serait plus compliqué pour les premières fois.

Vous allez maintenant alterner entre 3 étapes :

1. Vous décrire mentalement avec précision ce qui est présent immédiatement autour de vous, là ou vos êtes. Au moins 3 ou 4 éléments.

2. Vous décrire mentalement avec précision ce qui serait présent en vous et autour de vous si vous étiez vraiment dans votre souvenir. En fur et à mesure de cette description mentale, imaginez que vous entrez dans ce souvenir. Décrivez-vous au moins 3 ou 4 éléments.

3. Vous décrire mentalement avec précision ce qui change dans votre état de conscience après les 2 premières étapes, et surtout en imaginant être dans votre souvenir. Trouvez au moins un élément qui se modifie en vous.

Passez plusieurs fois par ces trois premières étapes. A chaque fois parlez-vous mentalement, au présent.

Par exemple :

1. Je suis dans un bureau, il y a une fenêtre sur le côté, je perçois la luminosité derrière mes paupières clauses, je sens le poids de mes vêtements sur ma peau, et le poids de ma tête sur le cou…

2. Dans ce souvenir, je fais un jogging. Je sens mon rythme cardiaque, et le rythme de ma respiration, je ressens les muscles qui se contractent à chaque mouvement, je sens la température de l’air…

3. En rentrant dans ce souvenir, je sens que mon corps s’engourdit, et que le présent me semble plus lointain. Mon cœur bat différemment, comme si j’étais réellement en train de courir…

Dans les étapes 1 et 2, entrez autant que possible dans les détails.

Pour l’étape 3, soyez attentif à tout ce qui se passe en vous. Scannez votre corps, et percevez les premières différences, ce qui change.

A chaque fois, prenez environ une minute par étape : soyez attentif à toutes les sensations de votre corps, laissez votre pensée passer d’une sensation à une autre, sans chercher à contrôler. Et, surtout, observez ce qui se passe en vous. Remarquez comment vos pensées vont se modifier au fur et à mesure de la progression de l’exercice : souvent elles deviennent plus lentes, plus précises.

Le plus souvent se créent des sensations de lourdeur, de détachement ou encore un état « cotonneux ».

En vous décrivant votre ressenti, vous vous concentrez naturellement sur celui-ci, ce qui tend à l’amplifier. C’est un processus naturel : notre cerveau amplifie ce sur quoi nous nous concentrons. Vous avez sans doute déjà tenté de vous concentrer sur un stress ou une douleur, et vous savez ce qui se produit dans ce cas : la sensation devient plus présente. Ici vous vous concentrez sur l’effet désiré, pour l’amplifier.

Reproduisez entre 3 et 5 fois ces étapes. A chaque fois, vous devez ressentir que vous entrez de plus en plus profondément dans l’expérience. Dans l’étape 2, vous aurez de plus en plus l’impression de sortir du présent et de vivre ce souvenir réellement. Dans l’étape 3, vos sensations vont continuer à se modifier.

L’exercice est réussi quand vous commencez à perdre la notion du temps, quand vous êtes autant dans le présent que dans le souvenir.

La première fois, l’exercice peut prendre 10 à 15 minutes, mais avec la pratique vous atteindrez un état modifié en quelques dizaines de secondes.

Exercice 2 : Auto-hypnose par activation de l’imaginaire.

But : Vous allez ici créer un état d’auto-hypnose en utilisant votre imagination. Pour cela, vous allez devoir imaginer à quoi ressemblerait pour vous, une expérience hypnotique, pour entrer ensuite dans cette expérience.

1 : Imaginez les premières étapes, les premières modifications.

Vous n’avez pas besoin de connaître réellement le fonctionnement de l’hypnose pour faire cet exercice : bien au contraire, plus l’exercice est inspiré par votre propre créativité, plus il est pertinent.

Commencez tout simplement en vous posant ces questions :

· Comment serait-ce de rentrer dans un état d’hypnose ?

· Par quoi cela commencerait ? Quelle serait la première chose, la première sensation que vous pourriez identifier ?

Puis laissez venir ce qui vient : une détente ? Un ralentissement de votre respiration ? Une immobilité ? Une sensation de légèreté ? Est-ce que ce serait dans les pensées ou dans le corps ? Est-ce que vous commenceriez à fermer les yeux? Ou cela se produirait après ?

Toute réponse est intéressante : il ne s’agit pas de trouver une solution, mais d’inventer quelque chose. Et surtout, expérimentez les réponses trouvées. Si vous imaginez que cela commence par une détente des épaules : faites-le, détendez les épaules, et ressentez ce qui change ensuite en vous posant une autre question :

· Je détends mes épaules. Maintenant que je ressens mes épaules détendues, quelle est la prochaine étape ?

Vous faites alors vous-même votre propre jeu de piste pour créer et façonner un état hypnotique. Vous commencez avec des choses simples, pour percevoir ensuite que vous allez naturellement vous diriger vers des différences plus importantes, jusqu’à entrer profondément dans l’expérience.

Vous vous guidez simplement par la pensée, en vous posant à chaque fois la question de l’étape suivante, et en la vivant.

Exemple :

- Maintenant, je rentre dans un état d’hypnose, par quoi ça commence ?

- Je ferme les yeux et je prends une bonne inspiration.

- Et après que ce passe-t-il quand cet état s’approfondit ?

- Mes épaules et les muscles du dos se relâchent ? Je les relâche, le plus possible.

- Et ensuite ? Que se passe-t-il dans mon corps si j’avance dans cette direction ?

- Ma respiration devient plus lente. Elle se ralentit.

- Et ensuite ?

- Mes mains s’engourdissent, elles s’endorment. Je me concentre sur cette sensation, elle s’amplifie quand je me concentre dessus, c’est une sensation agréable.

- Et ensuite ? Qu’est-ce que cela entraîne ?

- Mes jambes s’engourdissent aussi, et mon corps semble se réchauffer.

2 : Approfondir l’expérience.

En vous accompagnant ainsi, vous allez avoir la sensation de suivre un parcours, comme si votre corps connaissait déjà le chemin de cette exploration interne : faites-lui confiance. Au bout d’un moment, vous sentirez que vos pensées ne sont plus utiles : elles ne servent qu’à vous guider au début, à canaliser votre attention.

Imaginez simplement que vous vous laissez entrainer par vos sensations, jusqu’à avoir l’impression d’être « ailleurs », comme dans une rêverie profonde, mais sans avoir perdu conscience.

L’exercice est abouti quand vous sentez une grande fluidité mentale, et un état de confort et de bien-être particulièrement puissant.

Nous nous resservirons de cet état dans les chapitres suivants pour l’utiliser à des fins de changement et d’amélioration.

Exercice 3 : Auto-hypnose par association/dissociation.

But : Cette troisième méthode convient tout particulièrement aux personnes qui ont l’habitude de se servir de la visualisation. C’est une méthode classique de l’hypnose : elle consiste à alterner entre deux états opposés. Nous n’avons pas l’habitude de passer par deux formes de pensées aussi différentes : cela a donc pour effet de brouiller et de saturer le mental, et nous entraine ainsi vers un lâcher-prise hypnotique.

Commençons par définir ces deux termes :

· Être dissocié consiste à se voir, se visualiser de l’extérieur. Si vous vous imaginez en train de faire un geste, et que vous vous voyez le faire, vous êtes dans une imagination dissociée.

· Être associé, au contraire consiste à être dans l’expérience : imaginez que vous effectuez un geste, mais cette fois, au lieu de vous voir le faire, vous ressentez ce geste, comme si vous le réalisiez réellement, alors vous êtes associé.

Dans l’état dissocié, nous sommes en dehors de l’expérience, et à l'inverse, au coeur de l’expérience dans l’état associé. Pour cet exercice, vous allez alterner entre ces deux positions, lentement au début, puis de plus en plus rapidement :

1 : La position dissociée.

Installez-vous confortablement et fermez les yeux. Pour vous dissocier, vous allez vous imaginer de l’extérieur, comme si vous étiez une caméra. Imaginez-vous, à quelques mètres de vous, en train de vous regarder. Décrivez ce que vous voyez : la façon dont vous êtes installé, vos vêtements, vos mouvements (même si vos images mentales ne sont pas toujours précises).

A force de vous observer de l’extérieur, vous devez ressentir que votre corps vous semble lointain, distant, et que vos sensations sont atténuées.

2 : La position associée.

Maintenant, imaginez que vous entrez à l’intérieur de vous, dans votre corps. Après avoir été dissocié fortement, cela devrait vous sembler étrange et vous devriez être particulièrement réceptif et sensible à vos sensations. La position associée doit créer une hyper-présence, une sensation d’intensité physique. Vous devez élever votre niveau de concentration jusqu’à avoir la sensation d’être conscient de chaque détail de votre corps, avant de vous dissocier à nouveau.

Alternez plusieurs fois ces deux phases : à chaque fois, vous allez amplifier la différence entre ces deux états.

L’exercice est réussi, quand vous arrivez à vous dissocier suffisamment, pour avoir l’impression d'oublier votre corps, et quand la position associée vous créer une forte hypersensibilité.

Comme vous le verrez dans les chapitres suivants, cet exercice est extrêmement utile pour les techniques de préparation mentale.


Recréer une routine de confiance et optimiser l’expérience


Vous avez vu dans le chapitre précédent les bases de la modification de l’état de conscience. Nous allons maintenant utiliser cet état pour commencer à optimiser votre mental. Dans ce chapitre, vous allez apprendre à :

· Mieux comprendre le fonctionnement de votre confiance.

· Vous créez un conditionnement positif pour retrouver la confiance sur commande.

· Modéliser et optimiser l’expérience acquise.

· Créer un rituel plus efficace de performance.

« La chaussure gauche, toujours… puis la chaussure droite… toujours les mêmes gestes, et ensuite… » Tiré de la publicité « Evian »

Pour ceux qui se souviennent de cette campagne de publicité, au-delà de l’immense champion mis en scène, elle présentait un aspect de ritualisation et de conditionnement bien connu des sportifs. Le plus souvent, un rituel précède les moments importants, que ce soit en sport, en médecine, dans le métier d’acteur. Un rituel est l’occasion de se centrer, de se préparer, de stimuler ses capacités.

Un domaine d’excellence ne laisse pas de chance à la malchance : la préparation d’un sportif lors d'une épreuve est une phase essentielle. C’est un rituel qui commence parfois plusieurs jours avant, avec des séquences d’entrainements bien particulières. La plupart des sportifs savent que leur rituel ne doit en aucun cas être changé, modifié ou perturbé. Mais peu d’entre eux savent qu’il peut être amélioré et transcendé par l’hypnose.

1. Partir de votre expérience de confiance.

La confiance pour vous... c’est comment ? Quels sont les détails vous permettant de décrire la confiance ? La première étape est de vous plonger vous-même dans votre ressenti, dans ce que vous vous dites et dans ce que vous voyez.

Notre cerveau fonctionne à partir d’informations sensorielles : des sons, des images, des sensations, des odeurs. Il stocke ces informations en nous, et s’en sert pour créer nos états. C’est son langage, sa façon de nous créer du ressenti. Ainsi, derrière un mot comme « confiance », se cache une expérience sensorielle complète - et même sans doute plusieurs, même si elles sont proches - et quand nous vivons cette expérience, nous lui associons un mot.

Par contre, penser au mot confiance ne suffit pas pour indiquer à notre cerveau ce que nous désirons : un simple mot est une trop faible stimulation pour le cerveau.

Ainsi, aspirer à la confiance ne suffit pas: pour créer un état, nous devons utiliser le langage de notre inconscient, son propre rituel, des informations sensorielles.

Exercice 1 : décoder un état de confiance.

But : Comprendre la façon dont votre inconscient construit la confiance pour réutiliser ce fonctionnement ensuite.

1 : Retrouvez un souvenir de confiance optimale.

Cherchez dans vos souvenirs, et dans toute forme d’expérience : il ne s’agit pas forcément d’une expérience sportive, l’important est que vous puissiez dire "si j’ai cet état-là à ma disposition, je donne le meilleur de moi-même!".

2 : Faites en sorte de décrire sensoriellement cet état.

Qu’est-ce que vous ressentez dans votre corps ? Où est-ce ressenti ? Quel poids a-t-il? Quelle forme a-t-il ? De quelle couleur est-il ?

Que vous dites-vous à ce moment-là ? Comment sont vos pensées ? (repensez au travail sur le dialogue intérieur du chapitre précédent)

Que visualisez-vous dans cet état ? Quelles sont les images mentales qui y sont associées ?

Comment percevez-vous votre environnement dans cet état de confiance ?

Plus vos réponses à ces questions seront précises, plus vous aurez une vision complète de ce qu’est vraiment la confiance pour vous. Ces informations sont celles que votre inconscient/cerveau utilise pour créer cet état.

3 : Passez maintenant par plusieurs autres souvenirs de confiance, plus ou moins forts, pour vérifier qu’ils ont tous un fonctionnement sensoriel proche.

Même façon de ressentir, de vous parler, même image mentale et même perception de l’environnement. Les différences doivent être minimes.

Notre cerveau a des routines. Quand vous avez confiance en vous, il ne créer rien de toutes pièces, il reprend des morceaux d’expériences passées pour les adapter au présent. Vous venez d’identifier les éléments lui permettant de créer de la confiance.

2. Amplifier un ressenti.

La seconde étape consiste à influencer l’état que vous avez identifié pour le rendre plus puissant, plus profond et durable. On influence alors le rituel inconscient qui produit la sensation.

L’idée est simple : nous avons vu que notre cerveau se servait de l’information sensorielle. Toute modification de cette information influence notre ressenti. Et, généralement, si nous amplifions les perceptions sensorielles, nous donnons à notre cerveau une indication claire : il comprend qu’il doit amplifier l’état émotionnel dans lequel nous sommes.

Exercice 2 : augmenter la confiance.

1 : Prenez quelques instants et entrez dans un état de concentration hypnotique, avec l'un des exercices du chapitre 2.

2 : Reprenez l’exercice précédent, et concentrez-vous sur l’expérience de confiance pour la recréer en vous.

3 : Vous allez maintenant prendre une par une les informations sensorielles pour les amplifier.

· Les ressentis : Amplifiez la sensation de confiance, sa taille, son poids, sa densité, sa température, son mouvement… Et tout ce qui vous semble aller dans le sens de son intensité.

· Au niveau auditif : Parlez-vous avec une voix encore plus confiante, adaptez le rythme, les intonations…

· Au niveau visuel : prenez les images symbolisant pour vous la confiance, agrandissez-les mentalement, augmentez leur luminosité, leur profondeur, rendez les plus nettes et plus brillantes.

Faites de même avec tous les autres éléments dont vous avez conscience. Vous devez sentir que tout, en vous, se focalise sur la sensation de confiance. Celle-ci prend alors de plus en plus de place. Le mécanisme est simple, mais très efficace : il joue directement sur le langage de l’inconscient.

4 : Ajoutez maintenant des éléments sensoriels supplémentaires.

Une musique qui vous motive. Entendez la forte, puissante, présente.

Une voix, des mots : des personnes qui ont su un jour vous insuffler de la confiance.

Des images des souvenirs : ce qui vous motive, ce que vous aimez, vos rêves, vos objectifs.

Un ressenti : les meilleurs moments de votre vie, ce que vous sentez quand vous êtes dans une forte intensité, l’énergie et la tonicité qui y sont associées.

A chaque élément que vous ajoutez, que vous définissez et sur lequel vous vous concentrez, vous devez ressentir que tout en vous se focalise sur l’idée de la confiance, qu’elle grandit, qu’elle s’amplifie jusqu’à un niveau qui vous semble maximal.

3. Ancrer un état.

L’ancrage met en pratique un des fonctionnements les plus passionnants du cerveau : l’apprentissage par association d’idées. Notre cerveau crée automatiquement des connexions entre un état émotionnel et des déclencheurs, c’est la base de notre capacité de mémorisation. Cette connexion est un « ancrage ».

Exemple de la fameuse madeleine de Proust : ici l’ancrage est une odeur, qui déclenche des associations d’idées et fait revenir un souvenir d’enfance, pourtant oublié consciemment. C’est ce qui se passe lorsqu'une musique vous replonge dans un moment agréable, qu’une odeur vous rappelle une personne, où qu’un mot vous replonge dans un ressenti.

Revenons sur le rituel de préparation du sportif : chaque partie d’un rituel est un ancrage. Et ces ancrages sont plus ou moins puissants. L’idéal serait de pouvoir disposer d’un ancrage vous permettant de stimuler sur commande une réaction comme la confiance. Dans les exercices précédents, vous avez appris à créer et à amplifier une sensation de confiance, mais vous n’aurez sans doute pas le temps d’une préparation mentale aussi longue en pleine épreuve. Le besoin des sportifs de haut niveau est un besoin immédiat, surtout dans une passe difficile. C’est là que l’ancrage est une solution efficace : il stimule de façon rapide et complète notre cerveau et le pousse à créer une réaction précise. Il « suffit » de programmer cette réaction au préalable.

Le fonctionnement de l’ancrage

Un ancrage est tout simplement un lien cérébral entre 2 éléments.

Ces deux éléments n’ont pas à avoir de rapport entre eux. S’ils se présentent en même temps, notre cerveau va les lier : si vous passez un moment agréable dans un lieu où il y a de la musique, cette musique, même quelques jours après, vous créera une sensation agréable. Cela fonctionnera même si vous n’en avez pas conscience. C’est là que nous percevons que notre cerveau est une véritable machine à apprendre !

3 paramètres permettent de créer un bon ancrage :

· Le nombre de répétitions : plus un lien est répété, plus il est fortement ancré en nous, c’est un mécanisme de conditionnement. D’où l’intérêt - nous le verrons - d’entretenir un ancrage.

· L’intensité émotionnelle : plus nous vivons une émotion forte, plus notre cerveau est stimulé et plus il enregistre l’information. Une intensité émotionnelle permet d’ancrer avec un nombre de répétitions limité. Pour simplifier, plus l’émotion est forte, moins le cerveau a besoin de répétition pour créer un ancrage solide. L’exercice 2 de ce chapitre (P.22) amplifie les émotions, il vous fera donc gagner un temps précieux.

· L’état d’esprit : un état d’absorption, de focalisation, amplifie et accélère l’apprentissage. L’exercice suivant sera donc plus efficace, couplé avec l’exercice du chapitre précédent.

Les principaux ancrages :

En général, vous aurez besoin d’un déclencheur simple, pour activer un état émotionnel. Voici quelques exemples d’ancrages :

· Ancrage gestuel : serrer le poing, serrer l’index et le pouce, se toucher le poignet, passer la main dans les cheveux, prendre un appui sur le sol… Ce type d’ancrage est souvent le plus simple, et vous trouverez d'autres idées en regardant les professionnels. Raphael Nadal, par exemple, a une belle routine autour de son visage qui lui permet de rester dans son match.

· Ancrage visuel : regarder sa raquette, son club ou tout autre élément/objet lié à votre pratique. Certains regardent leur entraineur ou visualisent une personne, un lieu.

· Ancrage auditif : le plus utilisé est une musique, mais se souvenir d’une voix, ou d’un son naturel peut aussi être un ancrage.

Tous ces exemples sont simples à activer, et peuvent l’être quelque soient les conditions : c’est ce qui est essentiel. Vous pourrez en tester plusieurs pour ressentir ce qui est le plus naturel chez vous.

Exercice 3 : Créer un ancrage de confiance.

But : Associer un geste à un état de confiance optimal.

1 : prenez le temps de retrouver un état de concentration hypnotique, comme indiqué au chapitre 2.

2 : Reprenez les exercices 1 et 2 de ce chapitre pour retrouver un état de confiance optimal. Insistez sur ce que vous avez testé dans l’exercice 2 : amplifiez votre état de confiance au maximum.

3 : Liez la sensation de confiance au stimulus que vous avez choisi : une sensation a tendance à fluctuer, par vagues. Faites en sorte de sentir à quel moment vous êtes au sommet de cette vague. Quand c’est le cas, que vous sentez la confiance de façon très précise, déclenchez votre ancrage. Si c’est en serrant le poing par exemple, faites-le, tout en continuant à vous concentrer sur les paramètres de la confiance et à les amplifier. Imaginez un lien mental entre ces deux éléments, entre la sensation et le geste. Maintenez l’ancrage et l’état de confiance pendant quelques dizaines de secondes.

4 : Revenez ensuite vers un mental plus calme, relâchez votre esprit quelques instants en respirant calmement, puis répétez à nouveau les étapes 2 et 3. Faites cela plusieurs fois, jusqu’à ressentir que votre corps apprend, qu’une sensation de lien fort et puissant se créer entre la confiance et votre geste.

Il vous faut ensuite tester : mettez-vous aussi vite que possible dans un contexte dans lequel vous avez besoin de confiance. Observez alors votre état émotionnel, et quand vous êtes prêt, activez votre ancrage. En quelques instants, votre niveau de confiance augmente, comme si vous actionniez un levier interne. Vous disposez maintenant d’un ancrage de confiance.

Entretenir un ancrage :

Si vous n’activez pas votre ancrage pendant plusieurs mois, il faudra sans doute le recréer. Mais si vous l’utilisez régulièrement, il va se renforcer. Il y a toutefois trois choses à savoir pour s’en servir au mieux :

· Certaines disciplines sportives maltraitent les ancrages. Exemple: en athlétisme, même en gagnant une épreuve, un sportif peut terminer par un échec. C’est le cas dans les épreuves de saut par exemple. Dans ce cas, il y a une contradiction pour le cerveau : il reçoit à la fois un stimulus de confiance et d’échec. Dans ce type de cas, il est nécessaire de renforcer régulièrement les ancrages.

· Souvent, vous allez déclencher votre ancrage dans un moment de doute : c’est là que vous en aurez le plus besoin. Là aussi, à force, l’ancrage peut s’affaiblir. Il peut être bon de le tester avant une compétition, pour prendre si besoin, 10 minutes pour le renforcer.

· Lorsque vous parvenez à un résultat positif, utilisez votre ancrage : c’est la meilleure façon de le renforcer naturellement. Votre ancrage deviendra un véritable rituel et vous l'activerez sans même y penser.

Augmenter le nombre d’états désirés sur les ancres :

La question est : « si on veut plus d’états désirés, que faire ? »

Même si cela était théoriquement possible, il n’est pas nécessaire de faire un ancrage sur chaque doigt pour différencier vos états de performances. Le cerveau apprend simplement et rapidement. Refaites le même processus sous hypnose avec d’autres états internes en activant le même déclencheur. Inconsciemment, vous empilez les ancres les unes au-dessus des autres. Vous êtes en train de faire grandir le nombre de cadeaux sous votre sapin de Noel !

Ainsi un geste, une musique ou un autre déclencheur pour votre cerveau sera le signal de : confiance + concentration + courage + envie + plaisir + énergie +… Et le tout, en même temps. On obtient ainsi des ancrages plus personnalisés.

Pour aller plus loin, quelques idées d’ancrages :

Il est possible d’ancrer toutes sortes d’états. Exemple : le sommeil, l’état d’hypnose pour aller plus vite, l’apaisement du dialogue intérieur, la concentration, le rire… Amusez-vous et donnez-vous à fond. C’est naturel et sans limites, à consommer sans modération ! Un ancrage de sommeil sera bienvenu pour ceux ayant du mal à s'endormir la veille d’un jour important !